Affaire REDHAC : Les tensions se multiplient

La présidente du Conseil d’Administration du Réseau des Droits des Hommes en Afrique Centrale, l’avocate de renommée international Me Alice NKOM ne s’est pas présentée à la préfecture du Wouri ce matin. Or, l’Organisation de défense des droits humains nommée African Defenders demande de lever la suspension immédiate du REDHAC.

Convoquée par le préfet Sylyac Marie MVOGO ce jeudi 19 décembre à 10heures pour des motifs qui n’ont pas été précisés jusqu’à présent, la rentre est à nouveau renvoyée. C’est la 3e convocation administrative reportée ce jour. Cette fois c’est Me Alice NKOM qui souhaite reporter la date. La raison évoquée : indisponibilité d’un membre de son équipe de défense. Néanmoins, elle propose de la fixer pour le 10 janvier 2025 ; ce qui montre clairement son désir de coopérer. Ces tensions ne sont pas sans conséquences pour la population qui déjà troublés par les polémiques sur : le respect des droits fondamentaux de la minorité, et la situation économique actuelle.




Il est important de rappeler que première convocation d’Alice NKOM par le préfet a eu lieu après le bris du scellé imposé aux locaux du REDHAC situés à douala, quartier Bali. Aux dernières nouvelles, l’organisation African Defenders et tous ses membres soutiennent le REDHAC dans ses luttes « pour les droits et libertés fondamentaux », ils s’opposent aussi bien à la suspension qu’à la convocation d’Alice NKOM. Elle reconnait le travail du Réseau en tant que numéro 1 dans toute l’Afrique Centrale.

 Pour Mary Pais, directrice d’African Initiative of Women Human Rights Defenders, cette suspension de 3 mois est un abus. « Les défenseurs des droits de l’homme jouent un rôle essentiel dans la protection et la défense des droits de l’homme et des libertés tels qu’ils sont définis dans les lois et les traités internationaux. Ces droits sont fondamentaux et ne devraient pas être arbitrairement limités ». Allant dans le même sens, Kamou Ngugi, président du réseau des défenseurs des droits de l’homme de l’Est et de la Corne d’Afrique pense que c’est une injustice. Dès lors, African Defenders et ses confrères demandent au ministre de « reconsidérer sa décision et d’engager un dialogue ». Le message est ferme. Avec la tournure que prennent les évènements, on se demande si l’intervention de ces institutions permettra de calmer les tensions entre l’Etat camerounais et le REDHAC.

FLORA LONTSI

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