ABUS DE POUVOIR ET INJUSTICE À BAFOUSSAM

 La defense d’une personne en danger peut s’avérer être un choix de condamnation pour sa propre personne. Telle a été le cas durant la nuit du 14 au 15 février 2025 à Bafoussam. Il m'est arrivé de payer le prix fort pour avoir pris de pitié un présumé brigand. Si vous n’avez jamais été condamné pour votre compassion envers autrui ; si vous n’avez jamais été obscurcit en voulant apporter un peu de lumière dans l’ombre, vous ne comprenez pas.


Il est 00:58 min ce samedi 15 février 2025 lorsque je débute avec ce récit. Je regagne tout juste ma maison. Perturbée de mon vécu de la soirée. L’on dit couramment que les innocents sont en prisons et je l’ai confirmé ce soir. Aujourd’hui, je risque gros sur mon image de journaliste et de personne civile pour avoir eu pitié d’un supposé brigand et pour avoir filmé la scène de torture qui lui était affligée. Mon téléphone a été confisqué, le chef de la troupe m’a fait asseoir par terre dans une station à essence, les mains sur la tête près d’un individu accusé de vol. Ceci en raison du fait que j’ai pris en vidéo la scène de torture, sur un lieu public, jugeant dans ma conscience qu’il serait préférable de le conduire dans un poste de police directement. Mais aussi pour avoir mentionné que j’ai pitié de lui.

Traité comme une complice par lui et par des passants pensant aux idées inimaginables, je me demande si je ne fais pas le tour des réseaux actuellement avec de multiples noms d’oiseaux.

Un membre de l’assemblée m’a dit en apprenant que je suis journaliste de formation « ce sont les risques du métier. Certains journalistes s’étaient fait copieusement tabasser lors des élections présidentielles » vérité ou mensonge? Cette déclaration montre simplement qu’il faut avoir un mental d’acier car le monde est impitoyable.

Trouver une personne pathétique, veut pas dire qu’il faut plaider sa cause. L’on peut avoir le cœur sur la main et ne pas agir car une personne victime ne raisonne pas dans la plupart des cas. Cette leçon m’a couté chère. En espérant que mon image ne soit pas ternie par de mauvaise interprétation, je me demande ou se trouve actuellement cet homme qui y était encore jusqu’à minuit. Ce qui lui a été fait est sans jugement officiel est du sadisme; le constat n’a pas été fait dans la voiture ou il est accusé d’y avoir volé jusqu'à présent.

Ils l'ont obligé à boire un seau  rempli d’eau de 15 litre après l’avoir porté durant une heure environ avec les bras tendus ; à rester dans une position de sorte à ce que la tête et les bouts des oreilles seuls touchent le sol.

Le pire n’est pas d’avoir été vu ainsi pour un inconnu. Le simple fait de savoir que c’est un gardien de la loi qui fait ses lois et humilie l’autre pour montrer la grandeur de son autorité et ainsi éviter que les images de ses abus puissent être connu par la société. Mon téléphone ne m’a pas encore été remis ce soir. Je n’ai pas eu le droit de passer un seul appel bien qu’ayant demandé à plusieurs reprises. Il m’a fait rédiger une note pour récupérer le lendemain à la brigade  située à l’entrée 3e non loin du collège TANKOU dans le même arrondissement. 

Le rendez-vous à la brigade était prévu à 08h, pourtant c'est à dix heures que le monsieur s'est présenté et le portable vidé de toutes les images de la scène de torture ne me soit rendu après plusieurs vérifications et décharges dans le registres que je n’ai pas eu l’autorisation de lire avant de signer.

Je ne sais pas si j’aurais le courage de publier ceci. C’est à cet instant précis que vous comprenez que la volonté d’aider ne manque pas chez certaines personnes mais la peur d’y laisser leur peau. L’on se demande à qui se fier désormais si parmi les hommes de loi on se sent épeurer, comment distinguer celui qui fait bien son travail de celui qui profite de son statut pour piétiner les autres.

Des jours après ce drame, je suis encore traumatisée, terrifiée à l’idée de reproduire un acte civique qui serait mal vu par tous, aux risques d'être torturée, humilié, ou tuée dans le pire des cas.

FLORA LONTSI

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